Boule d'Amont   Prieuré de Serrabone   66130   Pyrénées-Orientales   |   Panoramique vertical   |   Sébastien Tixador † MPLF   |   Prieuré de Serrabone   |   Accueil
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LE prieuré de Serrabonne, merveille de l’art Roman du 12° siècle, est un monument sévère aux murs de schiste. Situé à 600 mètres d’altitude dans un paysage désert, le prieuré est dans un état de conservation exceptionnel. Malgré ses dimensions modestes sa visite provoque une émotion intense. La bâtisse a une architecture dépouillée et sévère. L’accès au cloître en schiste et marbre se fait par une petite salle voûtée en ogive. De dimensions modestes, le cloître est richement décoré d’une double colonnade de marbre, ornée de chapiteaux ouvragés. Le prieuré surprend par son mélange de simplicité et de sophistication : simplicité de l’hôtel, sophistication de la voûte. Au centre de la nef, la tribune réservée aux choeurs liturgiques et la surprise, passé le seuil, d’une oeuvre d’art très sophistiquée dans ce coin perdu de montagne : des colonnes de marbre aux chapiteaux très ouvragés soutiennent la tribune La douleur vivante de serrabonne abbayes ART ROMAN Présentation [modifier] * Le prieuré de Serrabone est situé dans le département des Pyrénées-Orientales, à une trentaine de kilomètres de Perpignan, dans le massif des Aspres sur les contreforts orientaux du massif du Canigou. Il est situé dans un paysage sauvage et d'une grande beauté (à proximité des gorges du Boulès) : son accès est même assez difficile (route certes goudronnée mais très sinueuse !). * Il est célèbre pour sa magnifique tribune en marbre, datée du XIIe siècle et considérée à juste titre comme l'une des plus belles réalisations de l'art roman nous étant parvenues. Historique [modifier] Prieuré de Serrabone : vue de la galerie du cloître * La plus ancienne mention du lieu remonte à 1069, date à laquelle une église paroissiale dédiée à la Vierge est citée. Treize ans plus tard, en 1082, un collège de chanoines de l'ordre de Saint Augustin est établi dans les lieux. * L'édifice fera alors l'objet d'importants travaux d'agrandissement et d'embellissement. La nouvelle collégiale est consacrée en 1151 par l'évêque d'Elne. Le collège était mixte, car comprenant des hommes et des femmes (qualifiées de converses). * L'apogée du prieuré fut de courte durée : les troubles commencent aux XIIIe et XIVe siècles avec l'individualisme croissant des chanoines (maisons privatives au lieu de partager des lieux de vie commune comme il était dit dans la règle). La décadence devient alors inéluctable et atteint un tel degré au cours du XVIe siècle que le pape sécularise alors le prieuré, comme tous ceux rattachés à la règle de Saint Augustin en Espagne. * Rattachée à Solsona en Catalogne (nouveau diocèse établi à cette époque), la collégiale devient église paroissiale et tombe lentement dans l'abandon et l'oubli. * Au début du XIXe siècle, toute la partie occidentale de l'église s'effondre, minée par les intempéries… de même on n'hésite pas à démonter, dans le cloître, la rangée intérieure de colonnes et chapiteaux pour constituer un retable dans l'abside. * Les lieux deviennent alors la propriété d'un particulier qui entreprend des restaurations dans les années 1900 (cette période marque le début d'une période, déjà amorcée au XIXe siècle, de redécouverte du patrimoine local) et qui se poursuivirent tout au long du XXe siècle. Description [modifier] L'église [modifier] Prieuré de Serrabone : galerie du cloître * L'église actuelle est formée par la nef de l'église antérieure (celle de la mention de 1069), à laquelle fut adjoint un collatéral, un transept, une galerie de cloître et les absides lors des travaux d'agrandissement du XIIe siècle. C'est cet édifice, celui que nous pouvons voir aujourd'hui, qui fut consacré en 1151. Toute la partie ouest, effondrée au début du XIXe siècle, a été refaite dans les années 1950-1960. * Au chevet, les deux absidioles du transept ne sont pas visibles car intégrées au massif de l'édifice, par contre l'abside centrale est bien visible. * Des traces de fresque subsistent encore à l'intérieur de l'église, sur le mur droit de la nef. * La nef est voûtée en berceau brisé et le collatéral en demi-berceau. Les deux vaisseaux communiquent entre eux par deux arcades percées dans le mur les séparant (mur faisant partie de l'édifice du XIe siècle). Les trois absides sont voûtées en cul-de-four. Le cloître [modifier] * Il est accolé au côté sud de l'église, et ses arcades ouvrent sur le ravin à proximité du prieuré. Un petit jardin est ménagé à son pied, sur une des terrasses ménagées pour soutenir le prieuré. Ses arcades sont ornées de belles colonnes et de beaux chapiteaux en marbre dont on pourra trouver une description détaillée dans les ouvrages cités en bibliographie ci-dessous. La tribune [modifier] Prieuré de Serrabone : vue intérieure de la tribune * C'est incontestablement l'une des plus belles réalisations des artistes romans roussillonnais. Elle a été réalisée avec du marbre rose provenant des carrières de Villefranche, marbre qui orne de nombreuses autres églises romanes des environs. * Elle est située à peu près au milieu du vaisseau central. On peut remarquer quelques non-ajustements dans l'assemblage des blocs et des sculptures la constituant : cela résulte dans le fait qu'ils ont probablement été taillés avant d'être assemblés dans l'église même, ce qui a alors nécessité des ajustements de dernière minute. * La tribune a une forme à peu rectangulaire de 5,60 x 4,80 mètres pour une hauteur avoisinant les 3 mètres. Une balustrade, dont il ne reste aujourd'hui que quelques restes sculptés (certains ont été remontés au-dessus de l'étage inférieur, d'autres sont actuellement entreposés dans des vitrines situées dans le transept), dominait cet ensemble sur une hauteur d'environ 1,50 mètre. * Les croisées d'ogives présentes sous la tribune ne sont en aucun cas une forme primitive de voûte gothique : elles ont ici un rôle purement décoratif, afin de cacher la voûte d'arête les surplombant sans jamais les toucher. * On trouvera, là aussi, une description détaillée de la sculpture de la tribune dans les ouvrages (entre autres) cités dans la bibliographie. Voir aussi [modifier] Prieuré de Serrabone : vue d'ensemble * Abbaye Saint-Martin du Canigou * Chemin du Piedmont Bibliographie [modifier] Ces deux ouvrages sont incontournables pour en savoir plus… et ont été d'une aide précieuse pour la rédaction de cet article. Le lecteur pourra y trouver une excellente description de la statuaire du prieuré. * DURLIAT, Marcel, Roussillon roman, Éditions Zodiaque, 1986. ISBN : 2-7369-0027-8. * MALLET, Géraldine, Églises romanes oubliées du Roussillon, Les Presses du Languedoc, 2003. ISBN : 2-85998-244-2. Articles connexes [modifier] * L'art roman * L'architecture romane Liens externes [modifier] * Le site officiel du prieuré de Serrabone, par le Conseil général des Pyrénées-Orientales, propriétaire des lieux * Romanes.com: Prieuré de Serrabone * Art-Roman.net Reportage photographique de qualité sur le prieuré * Le prieuré de Serrabone sur le site "Architecture religieuse en Occident" * Le prieuré sur le site "Notes Romanes" * La page sur le Prieuré de Serrabonne du site Terres romanes Au bout d'une interminable équipée sur une petite route de montagne, le prieuré de Serrabonne s’offre à nos yeux dans un océan végétal. Petite bâtisse couleur de pluie plantée au milieu de nulle part, rien de prime abord n’accroche le regard. L’effet de surprise est bien ménagé. Dès que l’on pénètre dans la minuscule galerie latérale, on est immédiatement frappé par la beauté des chapiteaux. Précision du travail du sculpteur, noblesse du matériau : le marbre rose. On se prend le temps de regarder, de savourer cette perfection sans se douter que le meilleur reste à venir. A l’intérieur de l’église priorale, on devine, dans le clair-obscur, une forêt de colonnes surmontées de chapiteaux supportant une tribune, elle aussi en marbre rose. L’impression de magnificence n’a jamais été aussi palpable. Ce sentiment est décuplé par le contraste saisissant entre l’austérité du schiste utilisé pour les élévations et les murs extérieurs et le marbre rose strié de veines rouge lie-de-vin des colonnes et chapiteaux, modelé avec une extrême finesse. Cliquez pour agrandir l'image L'artiste a dégagé du matériau brut quelques-uns des plus beaux spécimens du bestiaire roman. Les chapiteaux ont été traités au trépan, Situés à hauteur d'homme, ils peuvent être admirés dans le détail sans craindre un torticolis. Aigles, lions, cerf, personnages et animaux fabuleux comme le griffon ou le centaure, tous ces êtres peuplent cet univers féerique. Cliquez pour agrandir l'image Cliquez pour agrandir l'image Cliquez pour agrandir l'image : D'autres photos Chapiteau du portail nord : copie en résine de l'original dérobé en 2000 Chapiteau du portail nord : copie en résine de l'original dérobé en 2000 Situé dans la vallée du Boulès au coeur des forêts de chêne-verts, Sainte-Marie de Serrabona (Serra bona : la bonne montagne) est une église fondée eau Xè s. ou au XIè s., qu'on trouve citée dans les archives à partir de 1069. En 1082, sous le patrnage de seigneurs locaux et du vicomte de Conflent, qui lui donnent des biens et des revenus, l'installations d'une communauté y est décidée, suivant la règle de Saint Augustin. Un désaccord surgit alors entre les fondateurs et l'évêque d' Elne, révélateur des tensions engendrées par la "réforme grégorienne", qui voudrait soustraire les fonctions religieuses de l'autorité des laiques. L'évêque entend se réserver la nomination du priuer, mais les riches fondateurs refusent. Un compromis est trouvé, seuls les chanoines éliront leur chef. Les religieux augustins mènent une vie communautaire, comme des moines, mais assurent aussi le service paroissail. Dans la première moitié du XIIè s., à côté de l'église, ils construisent des lieux qui leur sont propres : cloître, salle capitulaire, réfectoire, dortoir... et dotent le prieuré d'une parure sculptée. 70 ans 'écoulent avant que l'église rurale ne se transforme en prieuré. En 1511 a lieu la consécration u nouvel édifice, en présence d'évêques et d'abbés. L'évocation de cette cérémonie est matérialisée par des croix gravées dans les murs de la nef et de l'abside. La grande crise économique et démographique du XIVè s. amorce le déclin du prieuré. A l'affaiblissement des ressources s'ajoute le manque de discipline. La vie en communauté a laissé place à des cellules individuelles. En 1448, un preur est déposé pour des "crimes énormes" dont nous ignorons la nature. En 1592, tous les priurés augustins d'Espagne sont supprimés. Un an plus tard, le prieuré et ses biens sont donné au nouveau diocèse de Solsona, en Catalogne, qui le conservera jusqu'en 1896. L'application de cette décision est affective en 1612 à la mort de Jaume Serra, dernier prieur de Serrabona. L'église Sainte Marie reste pendant deux siècles la paroisse du petit village de Serrabona. On signale que bergers et troupeaux se réfugient occasionnellement dans le cloître ou l'église. En 1819 un effondrement partiel de la nef se produit. En 1822 la commune de Serrabona, pauvre et dépeuplée, est supprimée. Remarquée par les archéologues, ele est visitée par Mérimée en 1834 : elle devient l'un des tout prmiers "monuments historiques". A partir de 1836 les premiers travaux de consolidation sont réalisés, complétés au XXè s. par de nombreuses campagnes de restauration qui vont assurer le sauvetage définitif d el'édifice. Offert au Département des Pyrénées-Orientales par la famille Jonquères d' Oriola en 1968, le Prieuré de Serrabona est depuis cette date ouvert au public. Un peu d'architecture La première église de Serrabona était constituée d'une nef unique, voûtée en berceau brisé. L'implantation de la communauté de chanoines entraîne au XIIè s. un important chantier de transformation. Le chevet primitif est remplacé par un transept et trois absides. Une abside majeure, saillante à l'extérieur, est flanquée de deux absidioles encloses dans les murs. Les bâtisseurs ont aussi élevé une deuxième nef au nord et un clocher; au sud, une galerie cloître et un bâtiment en angle comprenant trois salles superposées. Les murs épais de la nef sont construits en schistes local débité en moellons allongés. L'appareillage de la seconde construction est plus élaboré, constitué de gros blocs de schiste taillés et ajusté avec soin. A Serrabona, les sculptures du cloître, du portail, de la fenêtre absidiale et de la tribune sont entièrement ouvragées en marbre roose du Conflent. Elles font un contratse étonnant avec le vert-gris du schiste. Une particularité - La Tribune La tribune est considérée comme l'exemple le plus remarquable de travail de sculpture pour l'époque romane en Pays Catalan. La qualité du matériau, le marrbre du Conflent, contribue à magnifier le chef d'oeuvre des artistes sans nom qui l'ont faite, sans doute peu avant 1150. Trois arcades surmontées d'une corniche composent la façade. Son aspect ciselé en faible relief s'oppose aux chapiteaux en ronde-bosse. La façade reprend dans son décor les symboles chrétiens tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons des arcs. A l'extrêmité, deux anges aux mains ouvertes, leurs ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de l'aigle de Jean. A l'opposé, le taureau symbole de Luc, voisine l'homme ailé de Mathieu. Ces quatre représentations entourent l'image du Christ, représenté sous les traits de l'AGneau disposé dans une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié, de palmettes, de rose à quatre pétales et de rinceaux occupe la surface. Une différence de qualité est à relever, entre l'aigle et le lion, d'une part et le taureau et l'homme, de l'autre. Cette remarque se renouvelle pour les sculpture des deux piliers soutenant la façade. Ils ont cependant une même composition et des sujets voisins, un peu énigmatiques. A l'exception d'un chapiteau mettant en scène Saint Michel terrassant le dragon, la sculpture de Serrabona n'est pas narrative, mais symbolique. Des lions occupent es angles des chapiteaux, des aigles, des singes et d'autre snaimaux fantastiques complètent ce bestiaire étonnant. Certains aspects de ce décor sculpté montrent que les artistes de l'époque romane ont puisé aux sources d'inspiration issues des échanges culturels de l'ensemble du pourtour méditerranéen. Plans du Prieuré 1- L'accueil : une des trois salles du bâtiment de la communauté. 2- Le cloître : constitué d'une seule galerie orientée plein sud. Il est rythmé par trois piliers séparant des séries d'arcades. Le décor sculpté se déploie sur les huit couples de chapiteaux en marbre. Face à cet ensemble, un enfeu (c'est à dire : un tombeau placé sous une arcade) orné de fresques. On remarque l'activité de sculpteurs différents travaillant ensemble : les chapiteaux intérieurs sont une exécuton plus habile que les extérieurs. L'utilisation du trépan (foret actionné par un arc) permetait de perforer le marbre. 3- Le transept : vaisseau transversal qui coupe la nef principale et donne à l'église sa forme de croix. 4- L'abside et les absidioles sont perçées de fenêtres à double brasement, ouvrant vers l'est. Celle de l'abside est ornée d'une décoration en marbre : deux colonnes et deux chapiteaux soutiennent un tore. 5- La nef : elle est voûtée en berceau brisé. Elle a conservé sur un de ses murs, un lambeau de fresque. La scène représente une Descente de c>roix, on devine le corps du Christ placé dans l'alignement de la fenêtre ouverte au Sud. La plupartdes murs de l'église devait être peinte de la même façon. 6- Nef latérale : il est probable que cette nef était celle qui servait pour les paroissiens de Serrabona. Le baptistère conservé rappelle cette destination. 7- Le portail : constitué d'un arc plein cintre est orné d'un tore en marbre reposant sur deux colonnes aux chapiteaux ouvragés. Ces chapiteaux, malheureusemnt volés en 2000, ont été remplacés par des copies. 8- La tribune : elle divise la nef en deux parties, l'une réservée aux chanoines, l'autre accessible aux fidèles. La plate-forme avec sa balustrade incomplète accueillait le choeur de chant. 9- La tour clocher : est haute de 18 mètres. Un toit en batière (c'est à dire : à double pente) le couvre. Autour du prieuré, les allées et les sentiers du jardin méditerranéen invitent à la découverte de la flore catalane. Lexique : Prieuré : monastère dirigé par un prieur, il peut dépendre d'une abbaye ou être autonome. Ecoinçon : triangle courbe compris entre deux arcs juxtaposés. Rinceau : ornement fait d'une tige ondulée garnie de feuilles stylisées. Mandorle : auréole en forme d'amande .Ronde-bosse : sculpture isolée qui se détache de son support. Claveau : élément d'un arc. Tore : arc formé de claveaux cylindriques décorant une voussure. Prieuré de Serrabone A 600 mètres d'altitude, Serrabone (Serra bona, la bonne montagne en Catalan) se niche au bout d'une route étroite qui suit les gorges du Boulès. La "bonne montagne", abritait dès 1082 une petite communauté de chanoines augustins. 70 ans de travaux seront nécessaires jusqu'à la consécration du prieuré en 1151. La lutte de la papauté contre l'influence réformatrice de l'ordre des Augustins pousse les moines à abandonner le prieuré en 1612. S'ensuivent deux siècles d'oubli et de dégradations, les bâtiments n'abritant plus que les bergers et leurs troupeaux. La restauration débute au 19e siècle. Deux matériaux sont utilisés pour l'ensemble du bâtiment : le schiste, appareillé en blocs savamment ajustés, et le marbre rose du Conflent pour son décor sculpté. A l'extérieur, le portail nord est entouré de deux colonnes dont les chapiteaux représentent un Christ bénissant, à gauche, et des lions, à droite. La façade est très austère, percée seulement d'une baie cintrée. Le clocher carré est percé de deux baies rectangulaires sur chaque face. Après avoir traversé le scriptorium, on pénètre dans le cloître ou préau, une galerie ouverte au sud sur la vaste paysage forestier. Elle réserve la première surprise : six arcades aux gracieuses colonnettes et aux chapiteaux sculptés (on reconnaît des monstres et des motifs floraux inspirés de Saint-Michel de Cuxa. La véritable surprise attend le visiteur à l'intérieur : le contraste est total avec la rugosité extérieure. La nef est lumineuse et la tribune est l'un des plus émouvants chefs d'œuvre de la sculpture romane. La nef est un vaisseau long et étroit (5 mètres de large), éclairé par des baies en plein cintre. Sur le mur sud, on trouve des restes de fresques datant du 12e siècle. La voûte en berceau brisé, composée de dalles schisteuses, atteint 10 mètres de hauteur. Les collatéraux sont isolés du vaisseau principal : on accède au collatéral nord par le bras nord du transept et par deux ouvertures côté nord de la nef, on accède au collatéral sud par le bras sud du transept (ce collatéral est la galerie ouverte sur l'extérieur évoquée plus haut). Les croisillons du transept comportent chacun une travée qui ouvre sur une petite absidiole, invisible de l'extérieur. Le chœur est voûté en cul-de-four. Il est éclairé par une minuscule baie cintrée, encadrée de deux colonnettes. Une splendide tribune, en marbre rose, marque le milieu de la nef : le transept et l'abside sont réservés au culte monacal alors que la partie ouest de la nef et le collatéral sont réservés à la mission d'évangélisation (dimensions : 3m10 de hauteur, 5m60 de largeur et 4m80 de profondeur). Le dessous du portique se donne à voir comme un baldaquin monumental qui pouvait servir de chœur de prière. Il se divise en trois travées dans le sens est-ouest et en deux travées dans le sens nord-sud. Les intersections sont marquées par onze colonnes; les quatre angles étant cantonnés par quatre piliers. Les colonnes et les piliers sont unis par des croisées de plein-cintre qui supportent six petites coupoles voûtées d'arêtes. Le dessus du portique est une simple plate-forme avec une balustrade, dont il ne subsiste que quelques éléments; elle était destinée aux chants liturgiques. La partie la plus remarquable réside dans l'ornementation délicate des trois archivoltes, de la façade sculptées en méplat et en creux dans le marbre : fleurs à quatre pétales, animaux à corps de lion et à bec d'aigles. Les écoinçons présentent des fleurs et des sujets religieux (séraphins, tétramorphe...). La corniche de la tribune est ornée de motifs végétaux et de redents. Les chapiteaux qui se trouvent sous la tribune présentent un bestiaire varié et de splendides guerriers. Une véritable broderie dans la pierre. 66130 Boule-d'Amont, Tel : 04 68 84 09 30 Ouvert tlj de 10h à 18h (sauf les 1er janv, 1er mai, 1er nov et 25 déc).